Suivre votre application dans les stores

Les stores d’application ont bien évolué depuis 2008. Aujourd’hui ils comptent environ 1 Million d’applications chacun et, selon une étude de Localytics, 48000 applications sont téléchargées toutes les 60 secondes sur l’AppStore !

Ces chiffres sont assez impressionnants, surtout si vous vous apprêtez à lancer votre application : comment vous en sortir ? Rassurez-vous car vous ne compétez pas contre 1 Million d’applications mais beaucoup moins, en fonction du pays ou de la catégorie ciblée. Cependant la compétition est quand même dure car 22% des applications ne sont pas ouvertes plus d’une fois (Localytics). Voici une petite liste de choses à faire et à surveiller pour vous en sortir.

Le Graal, une place dans le top des stores

Pour chaque store, il existe plusieurs tops (top général gratuit/payant, top par catégorie, top nouveautés, tendance ….) où chacun est plus ou moins difficile à atteindre. Si une place dans les tops général du pays ou encore une mise en avant est gage de nombreux téléchargements, c’est en revanche très compliqué à avoir (près de 40000 en 72h pour atteindre le top 25 aux US). Les stores proposent cependant des tops plus accessibles comme ceux par Catégorie où la compétition est (en fonction de la catégorie) moins féroce et où vous pourrez vous en sortir par rapport au public que vous visez. Pour les nouvelles applications, Google Play propose un top nouveauté payante/gratuite permettant de donner un boost de visibilité aux nouveaux entrants, à la condition de générer près de 5000 téléchargements le premier mois de sa sortie, la visibilité dure un mois.

Ces positions sont très avantageuses car être dans les tops assure une très bonne visibilité, ces sections étant très souvent visitées, et donc de nombreux téléchargements, et qui dit téléchargement dit conservation de la position, etc .. cela crée de l’entrainement et un cercle vertueux se met alors en marche. Cependant,à moins d’être un acteur avec une très grande notoriété ou de créer un buzz, générer des boosts de téléchargements de cet ampleur est souvent coûteux, publicité à grande échelle (Clash of Clans), faire appel à des services de boost (entre 1 et 2€ par téléchargement en fonction du pays, du volume) sont des techniques permettant d’atteindre les sommets mais qui sont réservés à peu d’éditeurs. Il existe cependant certaines voies moins coûteuses mais moins immédiates comme profiter de Facebook et de l’Open Graph (Criminal Cases) ou encore faire de la cross-promotion en profitant de ses nombreuses applications et de sa base installée (King).

Enfin, utiliser des services comme AppAnnie ou encore AppFigures est indispensable si vous avez une application mobile. En effet, vous aurez la possibilité de suivre de manière exhaustive son évolution au jour le jour (classement, tendances, notes, commentaires, …). Mais ils permettent également de suivre de manière précise l’évolution du classement des stores, par OS, device, catégorie et pays, idéal pour faire de la veille et surveiller ses concurrents.

Matrice des tops iPhone sur AppAnnie.
Matrice des tops iPhone sur AppAnnie.

Ne négligez pas la recherche

Utilisée dans près de 50% des cas, la recherche est également un élément important des stores d’application, le but étant évidemment de se positionner dans les premiers pour un mot clé ou ensemble de mots-clés. A l’instar du SEO, cette discipline s’appelle ASO (App Store Optimization, un peu réductrice car elle est également valable pour le Google Play et les autres stores). Plusieurs paramètres vont affecter le positionnement d’une application mais il n’y a pas vraiment de règles ou communication claire à ce sujet de la part des éditeurs de store. Ainsi il faut bien optimiser le titre de votre application et sa description avec des mots-clés pertinents. Bien que la description semble avoir moins d’impact sur l’AppStore, il existe ont une section ‘Mot-clés’ à bien remplir (et qui ne peut se modifier qu’à chaque nouvelle mise à jour !!). Bien faire attention aux langues utilisées a également un impact important sur le positionnement.

Il faut bien être attentif aux évolutions, car il y a eu de nombreux changements et différences dans ce domaine. Ainsi le Google Play avec l’expérience du SEO de Google semble être plus robuste aux fautes, pluriel ou correspondances dans les recherches que l’AppStore, bien qu’il semble y avoir eu du changement avec iOS 8. Un bon référencement peut également mieux vous positionner, pour un mot clé donné, que des applications avec plus de téléchargement

Comme pour les tops, soit vous essayez de vous positionner sur des mots-clés avec beaucoup de concurrence mais où vous pourrez générer de nombreux téléchargements, soit vous vous positionnez sur des mots-clés à faible volume mais où vous aurez plus de possibilité d’être visible. Cependant, à la différence des tops, il n’est pas possible de faire de la publicité en masse sur un mot-clé, et, à moins que les gens recherchent spécifiquement votre application ou marque, vous entrez dans un processus de découverte de votre application par les mobinautes.

Des entreprises comme MobileDevHQ ou encore Appnique proposent des services de veille et de comparaison par rapport à vos concurrents (mots-clés sur lesquels ils sont positionnés, tendance, …) et vous permettront alors de vous aider à mettre en place votre stratégie de mots-clés.

La clé de la réussite : l’engagement

Vous pouvez avoir tout le budget que vous souhaitez pour des campagnes de promotion ou encore vous positionner sur les meilleurs mots-clés, votre application ne décollera pas pour autant si vous ne vous attardez pas sur un point essentiel : son contenu doit engager l’utilisateur.

Peaufinez sa présentation dans les stores. Une icône et des screenshots attrayants, une description qui donne envie, sont autant d’éléments qui vous permettront d’inciter les utilisateurs à cliquer sur ‘Téléchargement’ par rapport à une autre. Avec iOS 6, Apple a d’ailleurs pris le parti de mettre en avant les screenshots directement dans les résultats de recherche … ce qui a le désavantage d’afficher par défaut moins d’applications et de rendre l’ASO encre plus compliqué. Évitez les mauvais commentaires. Bien que vous ne pourrez rien contre des gens mécontents car le service a planté, évitez les mauvaises surprises, soyez le plus exhaustif possible sur le fonctionnement de votre application, ne cachez rien aux utilisateurs (nécessité de créer un compte par exemple) car vous générerez du mécontentement, des désinstallations et des mauvais commentaires. Google permet depuis longtemps d’intégrer une vidéo descriptive de l’application et Apple l’a récemment fait, utilisez les pour avertir vos utilisateurs. Un bon moyen est également d’agrémenter les screenshots de petits textes explicatifs.

Screenshot_2014-11-05-12-17-57

twitter

Clash of Clans et Twitter préviennent leurs utilisateurs grâce à de la vidéo ou des screenshots

Il faut ensuite passer le cap de la première utilisation, car c’est là que vous avez quelques secondes pour capter l’attention de l’utilisateur et où il va décider de conserver votre application ou non. Le plus souvent lors d’une campagne de boost, un pic de téléchargement est constaté mais également un pic de désinstallation. Captez les gens, attirez-les, laissez les découvrir le contenu et jouer avec votre application. Ne soyez pas trop agressifs avec une création de compte, ou alors il faut qu’elle soit justifiée. Testez là, ne laissez pas un bug démonter vos acquisitions, votre image en souffrirait également.

Même si les étapes précédentes sont primordiales, tout ne s’arrête pas là, au contraire, vous ne faites que commencer. Dans sa logique de découverte et de mise en avant des applications, Apple privilégie celles qui sont le plus engageantes. Pourquoi ? Tout simplement car un engagement fort est synonyme de qualité et Apple veut que son store soit de qualité. Engager ses utilisateurs dans une application, sachant que chacun en a en moyenne 41 d’installées (Localytics) dont pour la plupart les plus importantes (Facebook, Twitter, …), est un travail de longue haleine mais vous permet de vous démarquer des autres, et cela se divise en plusieurs parties :

  • La rétention, qui détermine la capacité de votre application à faire revenir les utilisateurs. Elle se mesure sur plusieurs semaines ou mois au moyen de mise en place de cohortes (Apple a d’ailleurs intégré cette solution dans la console développeur de l’AppStore), qui vont déterminer le taux de retour de vos utilisateurs (Combien reste-t’il d’utilisateurs X semaines après le téléchargement).
  • L’intérêt, qui détermine la capacité de votre application à faire rester vos utilisateurs. Il se mesure en utilisant les données de temps passé, et de nombre de pages vues à l’intérieur de votre application mais également par le rapport DAU/MAU (Daily Active Users, Monthly Active Users) qui va calculer par rapport au nombre de personnes venus les 30 derniers jours la proportion de visiteurs du jour considéré. Plus ce rapport est proche de 1, mieux c’est !
  • Les réalisations, qui déterminent la capacité de votre application à faire réaliser des objectifs à ses utilisateurs. Se mesure évidemment par le taux de conversion, mais également par le nombre de pages vues ou événements précédant la réalisation de l’objectif, bon proxy pour en mesurer la complexité . La LTV (Life Time Value) est également un bon indicateur.

A vous ensuite de bien fixer vos KPIs pour les analyser et prendre les décision qui s’imposent. Par exemple une stratégie de push notifications permettra d’améliorer la rétention. Avoir une application personnalisée avec un contenu frais tous les jours aura un impact sur l’intérêt. Repenser l’UX pourra permettre d’améliorer les réalisations …

Au final, bien suivre son application est un travail assez complexe car il y a de nombreuses composantes en jeu, mais surtout parce qu’il y a une concurrence féroce pour gagner quelques utilisateurs ou quelques secondes d’utilisation en plus que vous chaque jour. Mais c’est cela qui rend cette discipline tellement amusante !

 

Add a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *